Etes-vous plutôt financier ou immobilier dans votre patrimoine ? Les dernières études de l’Insee et de la Banque de France nous donnent d’excellentes informations sur la composition, l’évolution et les tendances du patrimoine des Français, notamment la répartition entre les investissements immobiliers et l’épargne financière, et sur la façon dont cette répartition change avec la taille du patrimoine.
Comprendre la répartition du patrimoine des Français en 30 secondes :
- Le patrimoine brut moyen des ménages se compose à 61% d’immobilier, 22% de placements financiers, 11% d’actifs professionnels et 6% de biens divers.
- La moitié des ménages détient plus de 205 100€ de patrimoine brut, et il faut dépasser 857 700€ pour entrer dans les 10% les mieux dotés.
- La part d’immobilier culmine à 75% au milieu de la distribution, puis redescend à 34% chez les 1% les plus riches.
- Le patrimoine professionnel représente 36% du patrimoine des 1% les mieux dotés, contre 11% en moyenne.
- Les 10% de ménages les mieux dotés détiennent 48% du patrimoine brut total des Français.
- La moyenne nationale n’est pas un objectif d’allocation, elle reflète surtout le poids de la résidence principale.
Plan de l’article : répartition du patrimoine des Français entre immobilier et financier
- Comment se compose le patrimoine des Français en 2026 ?
- Plus le Français est riche, plus sa part en immobilier diminue
- Le cas particulier du dirigeant, un patrimoine concentré sur un seul actif
- Encore quelques chiffres pour prendre de la hauteur
- Un patrimoine qui se construit de plus en plus hors de France
- FAQ sur la répartition du patrimoine des Français
Comment se compose le patrimoine des Français en 2026 ? (étude Insee)
- Savez-vous ainsi que le patrimoine brut moyen des ménages français est composé à 61% d’immobilier, à 22% de placements financiers, à 11% d’actifs professionnels et à 6% de biens divers (voiture, mobilier, bijoux).
- Et que plus votre patrimoine est important, plus il est susceptible d’être composé d’actifs financiers et professionnels, au détriment de l’immobilier.
- Ou que l’immobilier reste le premier actif pour faire grandir un patrimoine moyen, avec les trois quarts du patrimoine des ménages situés au milieu de la distribution.
- Et que les 10% de ménages les mieux dotés détiennent près de la moitié du patrimoine total des Français, et les deux tiers de leur patrimoine financier.

Comment lire la répartition du patrimoine selon son niveau ?
D’après l’Insee, la moitié des ménages français possède début 2024 un patrimoine brut supérieur à 205 100€ (148 100€ une fois les crédits déduits). Il faut dépasser 857 700€ pour entrer dans les 10% les mieux dotés, 1 268 200€ pour les 5%, et 3 020 900€ pour le dernier centile. Et à chaque palier, la composition change.
- Allocation type pour un patrimoine inférieur à 40 000€ (30% des ménages). Comptes courants et livrets pour l’essentiel, quasiment pas d’immobilier.
- Allocation type pour un patrimoine de 200 000€ à 400 000€ (classes moyennes propriétaires). Immobilier 75%, actifs financiers 15%, autres 10%. La résidence principale fait presque tout.
- Allocation type pour un patrimoine supérieur à 858 000€ (top 10%). Immobilier 53%, actifs financiers 24%, actifs professionnels 19%, autres 4%.
- Allocation type pour un patrimoine supérieur à 3 millions d’euros (top 1%). Actifs professionnels 36%, immobilier 34%, actifs financiers 27%, autres 3%.
Répartition du patrimoine des Français selon le niveau de patrimoine
| Niveau de patrimoine brut | Immobilier | Financier | Professionnel | Autres |
|---|---|---|---|---|
| Ensemble des ménages | 61% | 22% | 11% | 6% |
| Du 5e au 7e décile | 75% | 15% | 1% à 2% | 8% à 9% |
| Top 10% (plus de 857 700€) | 53% | 24% | 19% | 4% |
| Top 5% (plus de 1 268 200€) | 58% | 25% | 14% | 4% |
| Top 1% (plus de 3 020 900€) | 34% | 27% | 36% | 3% |
Source : Insee, enquête Histoire de vie et Patrimoine 2023-2024. Les pourcentages sont exprimés en part du patrimoine brut, avant déduction des emprunts.
Plus le Français est riche, plus sa part en immobilier diminue au profit de la finance et de l’entreprise
Le constat de l’Insee est sans appel. La part de l’immobilier culmine à 75% du patrimoine entre le 5ème et le 7ème décile, puis redescend à 53% chez les 10% les mieux dotés et à 34% chez les 1% les plus riches. À l’inverse, le patrimoine professionnel (l’entreprise que l’on dirige) passe de 1% à 2% chez les classes moyennes à 36% dans le dernier centile. C’est la composante la plus concentrée de toutes, puisque les 1% les mieux dotés en détiennent 68% de la masse totale.
Voir l’étude de l’Insee « Les montants de patrimoine détenus par les ménages en 2024 », Insee Focus n°371, décembre 2025.
Voir aussi l’ouvrage de l’Insee « Les revenus et le patrimoine des ménages », édition 2024.
Pourquoi la part d’immobilier baisse quand le patrimoine augmente
Quatre mécanismes expliquent ce basculement, et aucun n’est un choix esthétique.
- L’effet de levier sature. L’immobilier se finance à crédit, ce qui permet de constituer un patrimoine sans capital de départ. Mais la capacité d’endettement est plafonnée par les revenus, autour de 35% de taux d’endettement. Passé un certain niveau, on ne peut plus acheter d’immobilier à crédit, on doit payer comptant, et l’avantage disparaît.
- La liquidité devient un sujet. Entre la mise en vente d’un bien et l’encaissement, il s’écoule souvent de six mois à un an. Un patrimoine à 80% immobilier est un patrimoine qui ne se pilote pas.
- La fiscalité pénalise l’immobilier détenu. Depuis 2018, l’IFI ne frappe que le patrimoine immobilier au-delà de 1,3 million d’euros, avec un barème allant de 0,5% à 1,5%. Les actifs financiers en sont sortis. Pour un patrimoine de 5 millions d’euros, l’écart de traitement se chiffre en dizaines de milliers d’euros par an.
- Le ticket d’entrée des placements financiers s’ouvre. Le capital-investissement, l’assurance-vie luxembourgeoise ou la gestion sous mandat en titres vifs deviennent accessibles à partir de 250 000€ à 500 000€, avec des frais qui baissent à mesure que les montants augmentent.
Faut-il chercher à ressembler à la moyenne des Français ?
Non, et c’est même l’erreur la plus fréquente. La répartition moyenne à 61% d’immobilier et 22% de financier n’est pas un objectif, c’est le résultat mécanique du fait que la majorité des Français n’ont qu’un seul actif significatif, leur résidence principale. Une moyenne construite sur une population dont la moitié possède moins de 205 100€ de patrimoine ne dit rien de ce que devrait faire un patrimoine de 2 millions d’euros.
La bonne question n’est pas de savoir si vous êtes au-dessus ou en dessous des 61%, mais de vérifier trois points. Votre patrimoine produit-il un revenu quand vous cessez votre activité ? Pouvez-vous mobiliser une partie de vos actifs en moins de trois mois sans brader ? Et un seul actif représente-t-il plus de la moitié de votre patrimoine total ? Ce sont ces trois réponses qui déterminent une allocation, pas un pourcentage national.
Le cas particulier du dirigeant, un patrimoine concentré sur un seul actif
Le patrimoine professionnel est de loin la composante la plus concentrée du patrimoine des Français. Il représente 36% du patrimoine brut des 1% les mieux dotés, contre 11% en moyenne, et les 5% les mieux dotés en détiennent 95% de la masse totale selon l’Insee. Autrement dit, les grands patrimoines français sont d’abord des patrimoines d’entrepreneurs.
C’est aussi leur principale fragilité. Un dirigeant dont la société vaut 6 millions d’euros et qui détient par ailleurs 800 000€ entre sa résidence principale et son épargne a 88% de son patrimoine investi dans un actif unique, non coté, illiquide, exposé à son secteur, à sa clientèle et à sa propre santé. Aucun conseiller ne recommanderait cette allocation à un investisseur, elle est pourtant la situation par défaut de la plupart des chefs d’entreprise.
La cession est le moment où cette concentration se dénoue, et c’est aussi le moment où tout se joue fiscalement. Un apport préalable des titres à une holding permet de reporter l’imposition de la plus-value, à condition de respecter les règles de l’apport-cession 150-0 B ter, avec un réinvestissement d’au moins 70% du produit de cession dans des actifs éligibles en cas de revente dans les trois ans, pour les cessions réalisées depuis le 21 février 2026. Les 30% restants constituent la part libre, qui peut être investie sans contrainte, notamment via un contrat de capitalisation ou une assurance-vie luxembourgeoise souscrite par la holding.
Depuis 2026, cette réflexion se double d’un second enjeu, car la taxe sur les holdings patrimoniales de l’article 235 ter C du CGI impose à 20% certains actifs de jouissance logés en société. La structuration de la holding post-cession ne peut plus se limiter à la question du report d’imposition.
Encore quelques chiffres pour agrémenter vos connaissances et prendre de la hauteur sur la répartition de votre patrimoine
- Selon l’Insee et la Banque de France, le patrimoine net des ménages français atteint 14 953 milliards d’euros fin 2024, soit 8,2 années de leur revenu disponible net. Il a progressé de 0,7% sur un an, porté par le patrimoine financier alors que l’immobilier reculait.
- Les placements financiers des ménages représentent 6 356 milliards d’euros fin 2024 selon la Banque de France, répartis pour un tiers en dépôts bancaires (33%), un tiers en assurance-vie (32%) et un quart en actions et assimilés (27%). Les Français restent des épargnants prudents.
- Les inégalités de patrimoine sont bien plus fortes que les inégalités de revenus. Les 10% de ménages les mieux dotés détiennent 48% du patrimoine brut total, alors que les 10% les plus aisés en niveau de vie ne perçoivent que 25% de la masse des revenus.
- Le patrimoine financier est lui aussi très concentré, avec 64% de la masse totale entre les mains des 10% de ménages les mieux dotés. La moitié des ménages détient moins de 21 700€ de placements financiers.
- Le patrimoine brut moyen grimpe jusqu’à environ 60 ans, où il dépasse 470 000€, puis se stabilise avant de décliner passé 75 ans. Le patrimoine financier, lui, continue de croître jusqu’à 75 ans.
- Les indépendants sont nettement plus riches que les salariés. Un ménage de profession libérale sur deux détient plus de 772 000€ de patrimoine brut, contre 416 200€ pour un ménage de cadre, et un sur dix dépasse 2,3 millions d’euros.
Un patrimoine qui se construit de plus en plus hors de France
La dernière tendance que nous observons au cabinet ne figure dans aucun décile de l’Insee, car l’enquête ne porte que sur les ménages résidant en France. Au 31 décembre 2025, 1 784 975 Français étaient inscrits au registre des Français établis hors de France, en hausse de 1,7% sur un an, et l’administration estime la diaspora réelle entre 2,5 et 3 millions de personnes puisque l’inscription reste facultative (source Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères).
Ces expatriés se retrouvent avec une question que ne se posent pas les résidents, celle de savoir dans quel pays loger quoi. Un non-résident n’est imposable à l’IFI que sur son immobilier situé en France, ses plus-values mobilières échappent en général à l’impôt français, et son assurance-vie ne suit pas les mêmes règles selon qu’elle est de droit français ou luxembourgeois. La répartition entre immobilier et financier ne se décide donc plus seulement en fonction du rendement attendu, mais aussi de la résidence fiscale et de la convention applicable. Nous détaillons ces arbitrages dans notre guide des placements pour les expatriés et notre guide de la fiscalité des non-résidents.
FAQ sur la répartition du patrimoine des Français
5 questions-réponses sur la composition du patrimoine des Français
Quelle est la répartition idéale entre immobilier et placements financiers ?
Il n’existe pas de répartition idéale universelle. La moyenne française se situe à 61% d’immobilier et 22% de financier, mais elle reflète surtout le poids de la résidence principale chez des ménages qui n’ont pas d’autre actif. Les trois critères qui comptent réellement sont votre horizon de placement, votre besoin de revenus futurs et votre capacité à mobiliser des liquidités sans vendre dans l’urgence. Au-delà de 1,3 million d’euros de patrimoine immobilier, l’IFI devient un paramètre de la décision.
Quel patrimoine faut-il avoir pour faire partie des 10% les plus riches en France ?
Selon l’Insee, il faut détenir plus de 857 700€ de patrimoine brut début 2024 pour appartenir aux 10% des ménages les mieux dotés, et plus de 750 400€ de patrimoine net une fois les emprunts déduits. Le seuil monte à 1 268 200€ pour les 5% et à 3 020 900€ pour le dernier centile. La médiane, elle, s’établit à 205 100€ de patrimoine brut.
Pourquoi les plus gros patrimoines détiennent-ils moins d’immobilier ?
La part d’immobilier passe de 75% chez les ménages du milieu de la distribution à 34% chez les 1% les mieux dotés. Quatre raisons expliquent ce recul, avec la saturation de la capacité d’endettement qui rend l’effet de levier inopérant au-delà d’un certain niveau, le manque de liquidité de la pierre, la fiscalité de l’IFI qui ne frappe que l’immobilier depuis 2018, et l’ouverture des placements financiers sur-mesure à partir de 250 000€ à 500 000€.
La résidence principale compte-t-elle dans le patrimoine ?
Oui, elle est intégrée au patrimoine immobilier dans les statistiques de l’Insee, à sa valeur totale pour le patrimoine brut et déduction faite du crédit restant pour le patrimoine net. Neuf ménages sur dix situés entre le 4ème et le 9ème décile en sont propriétaires, et elle constitue l’essentiel de leur patrimoine. Elle bénéficie en revanche d’un abattement de 30% pour le calcul de l’IFI.
Comment se situe le patrimoine d’un expatrié français ?
Les enquêtes de l’Insee ne portent que sur les ménages résidant en France, les expatriés n’y figurent donc pas. Leur situation obéit à d’autres règles, car un non-résident n’est imposable à l’IFI que sur son immobilier situé en France et ses plus-values mobilières échappent le plus souvent à l’impôt français. La répartition entre immobilier et financier dépend alors autant de la résidence fiscale et de la convention applicable que du rendement attendu.
Faire le point sur votre propre répartition
Et vous, où se situe votre patrimoine et votre allocation d’actifs par rapport à la moyenne des Français, ou à celle des ménages de votre taille de patrimoine ?
Ces chiffres ne valent que comme repères. Ce qui compte, c’est la cohérence entre votre allocation, vos revenus futurs et votre horizon. Au cabinet, nous accompagnons des entrepreneurs et des expatriés dont le patrimoine se situe très au-dessus des moyennes évoquées ici, et pour lesquels la question n’est plus d’accumuler mais de diversifier, de rendre liquide et d’optimiser la fiscalité de la détention.
Si vous souhaitez confronter votre répartition actuelle à vos objectifs, nous pouvons établir ensemble un audit de votre situation patrimoniale.
Par Anthony Calci, conseiller en gestion de patrimoine
Article mis à jour en septembre 2026.



